ARTFORMUTATIONS

20 décembre 2017
ARTFORMUTATIONS is the closing event of a French national four-year research project on the theme:  "Art and Critical Mutations: what...
Projet Abrir > Leaders

12/05/2015

DETAIL SUR LE GROUPE "LEADERS" DE L'ANR ABRIR

Problématique

Revconsidérer de manière renouvelée un certain nombre de travaux sur le « narrative » et l’« aesthetic leadership » en situation de mutation critique, et de ce fait les interroger. Ces deux pans de littérature disent qu’un leader gagne/conserve le leadership en racontant une histoire cohérente, claire, pleine de sens, motivante, inspirante, etc. On peut alors (ré)introduire la métaphore du « leader-artiste. » Non pas celle d’un leader-artiste traditionnel, qui acquiert son leadership sur son public en racontant de belles histoires, mais plutôt celle d’un leader qui inventerait des histoires étranges et incroyables, brouillant les chaînes de causalité, réconciliant les contraires, transformant les ratés en « héros », etc. Bref, un leader-artiste du « régime esthétique » de l’art tel que le décrit Jacques Rancière pour qui le régime esthétique de l’art, c’est justement ce moment où l’art du récit abandonne les causalités et les héros actifs. Ce qui compterait avant tout pour ce « leader artiste » c’est l’art, non pas l’art de raconter une belle histoire et d’incarner un héros actif et positif, mais l’art du régime esthétique, celui qui reconfigure radicalement les cadres existants en se moquant des conventions. Mais reconfigurer radicalement le récit, c’est aussi prendre le risque de tout désorganiser… au nom de l’art.

Objets d’étude

Le Direktor (The boss-of-it-all), un film de Lars von Trier (Danemark, 2006)

Bande annonce / trailer : https://www.youtube.com/watch?v=Gv8L46s32To

Il s’agit d’un projet de recherche autour d’un film, « Le direktor » de Lars von Trier (2006). Le film raconte avec humour l’histoire du directeur d’une PME qui invente un personnage imaginaire, le « directeur de tout » derrière lequel il peut se cacher quand il prend des décisions impopulaires. Les problèmes commencent quand il a besoin de faire apparaître ce « grand directeur » en chair et en os pour signer l’acte de vente de l’entreprise. Il embauche alors un acteur raté pour l’incarner, lequel invente à son tour « le directeur du directeur de tout »…

Dans le film, Ravn et Kristoffer sont des leaders. Bien qu’ils racontent, au contraire de la théorie du narrative leadership, des choses improbables, absurdes, mal ficelées, ces leaders sont pourtant suivis. Nous tentons d’imaginer « pourquoi ça marche. » Nous faisons également l’hypothèse que Ravn et Kristoffer, finalement, font la même chose que Lars von Trier, l’artiste-metteur en scène : ils racontent des histoires, et si leurs fables improbables fonctionnent c’est parce que précisément ce sont des fictions artistiques, et que tout le monde le sait. Tous sont captivés, fascinés par ces fables étranges et paradoxales, parce que c’est cette dimension-là qui nous fascine dans les récits de fiction, dans les fables artistiques. Comme le fait Kristoffer à la fin qui signe la vente et renvoie tout le monde par amour du jeu théâtral.

Extension de l’objet d’étude aux autres groupes thématiques ANR :

En rapport avec la question du leadership dans la mutation, les groupes El Pocero et Territoires, seront en particulier sollicités pour comparer et approfondir nos vues sur la question d’après les études de terrain. La question de quel leadership exerce l’artiste intervenant sera une thématique transversales riche pout tout l’ANR.

Actualités

Il n’y a pas d’actualités pour le groupe actuellement.

Production

Les étapes antérieures du projet :

Mairesse P. et Debenedetti S. (2012), The loss of it all?, Conference on management and film: the pharmakon of film & new media, 2-3 may 2012, American University in Paris, Paris.

Mairesse P. et Debenedetti S. (2014), Leadership, fable and power, according to « The Boss of It All », EGOS colloquim 2014, 2-5 juillet 2014, Erasmus University, Rotterdam.

En cours d’écriture : version publiable de Mairesse Debenedetti 2014.

Références (corpus)

Alvesson M. and Spicer A. eds. (2011), “Metaphors we lead by”. Routledge.

Costas, J., (2009), “Mystification and Secrecy in Contemporary Corporate Life: A Reflection on Lars von Trier’s The Boss of It All”, Ephemera 9(1): 52-60. Link : www.ephemerajournal.org/contribution/mystification-and-secrecy-contemporary-corporate-life-reflection-lars-von-triers-boss

French R. and Simpson P. (2006), “Downplaying Leadership: Researching How Leaders Talk About Themselves”, Leadership, 2, 4, 469–479.

Hansen H., Ropo A. and Sauer E. (2007), “Aesthetic leadership”, The Leadership Quarterly, 18, 544–560.

Ladkin D (2008), “Leading beautifully: how mastery, congruence and purpose create the aesthetic of embodied leadership practice”. Leadership Quarterly, 19, 1, 31–41.

Parry K.W. and Hansen H. (2007), “The Organizational Story as Leadership”, Leadership, 3, 3, 281-300.

Phillips, N., (1995), “Telling Organizational Tales: On the Role of Narrative Fiction in the Study of Organizations”. Organization Studies 16, 625 - 649

Rancière J. (2000), "Le partage du sensible. Esthétique et politique". La Fabrique.

Rancière, J. (2001). "La fable cinématographique". Paris : Le Seuil.

Scharmer, O. et Kaeufer, K. (2010). "In front of the blank canvas: sensing emerging futures", Journal of Business Strategy, Vol. 31 Iss 4, pp. 21 – 29.

Schedlitzki, D., Jarvis, C. et Mac Innes, J. (2014). Leadership development: A place for storytelling and Greek mythology?, Management Learning, 1-15, DOI: 10.1177/1350507614560303