ARTFORMUTATIONS

20 décembre 2017
ARTFORMUTATIONS is the closing event of a French national four-year research project on the theme:  "Art and Critical Mutations: what...
Projet Abrir > Villes

12/05/2015

LE DETAIL SUR LE GROUPE "VILLES" DE L'ANR ABRIR

Problématique

Le premier axe de notre réflexion concerne la mutation (création, transformation) par la métaphore de la ville comme « ruine du futur », selon trois perspectives :

Une invitation à regarder la suspension du temps : Une mutation inachevée, à l’arrêt, en échec. Pour reprendre un rapprochement fait par l’auteur : « La ville comme la spéculation prouve son potentiel du rien ». Cette première idée présente par dans l’œuvre nous semble très intéressante et amène à une réflexion de nature plus transversale sur le transitoire de la mutation qui est ici devenu permanent. La mutation ici appréhendé comme un état alternatif à l’organisation sans être de la désorganisation.

  1. Une invitation à regarder la suspension du temps : Une mutation inachevée, à l’arrêt, en échec. Pour reprendre un rapprochement fait par l’auteur : « La ville comme la spéculation prouve son potentiel du rien ». Cette première idée présente par dans l’œuvre nous semble très intéressante et amène à une réflexion de nature plus transversale sur le transitoire de la mutation qui est ici devenu permanent. La mutation ici appréhendé comme un état alternatif à l’organisation sans être de la désorganisation.

  2. La confrontation du solide et du liquide (voir du gazeux avec cette image de la bulle) : le chapitre 2 s’intitule la liquéfaction du bâti.

  3. La dimension esthétique porté par le projet immobilier de ce « leader » mégalomane porté par le grandiose plus par que la réalité peut conduire à travailler sur la « motivation esthétique » d’un projet entrepreneurial. En particulier, la question de l’adresse à l’absent est une dimension esthétique qui nous retiendra. Les œuvres artistiques (comme le livre de Poiraudeau) s’adressent à leur public absent (à venir, potentiel, futur, virtuel), l’échec de ce projet immobilier viendrait-il de ce qu’il opère selin une esthétique de non-adresse, une esthétique du même ?

Le second axe fort de notre réflexion porte sur l’hybridité de l’œuvre étudiée qui sépare  et rassemble au sein d’un même objet différentes formes de récits : poétique, enquête, fiction, images. Comment ces différentes formes sont-elles adaptées à parler des mutations, que convoquent-elles, qu’inspirent-elles, comment leur mise en parallèle permet de les confronter et/ ou les assembler ? Cette dimension nous semble particulièrement transversale des questionnements d’ABRIR.

Objets d’étude

  •  El Pocero

Le groupe étudie principalement l’ouvrage écrit par Anthony Poiraudeau, sorti en 2013 intitulé « Projet El Pocero ». Le récit parle d’un projet immobilier en Espagne dans la ville d’El Quinon à environ 35 km de Madrid. Ce projet démarré en 2003 qui devait accueillir 40000 personnes en compte aujourd’hui 4000.

L’ouvrage porte le surnom « El Pocero » (l’égoutier ou le puisatier suivant les traductions) de Francisco Hernando, le « créateur »  du projet, figure archétype du self-made-man dont la réussite fulgurante fait des envieux en Espagne qui dans les années 2000 connaît une fièvre immobilière. Bâtisseur mégalomane, symbole de la « folie » édificatrice qui s’empara de l’Espagne au début des années 2000, la ville est aujourd’hui quasi déserte, le projet immobilier n’a jamais été achevé.  La crise a stoppé net le boom immobilier et laisse en rase campagne cette ville à l’abandon

C’est sa rencontre avec ce lieu qu’Anthony Poiraudeau se propose de raconter sous la forme d’un récit HYBRIDE, qui mêle sensations et faits, subjectivité et objectivité dans une forme narrative parfois poétique qui convoque l’imaginaire et le sensible (et qui en fait ivre poétique / fictionnel au sujet d’une cité ), parfois journalistique qui adopte les outils de l’enquête pour rapporter les faits et les chiffres de cet étrange objet : cette ville comme « ruine du futur » comme l’auteur la qualifie. Le livre offre également à la fin de l’ouvrage quelques photos des lieux / Le statut de ces photos est ambigu pour l’auteur : données pour compléter la prise de note ou pièce esthétique n’a pas été délibérément tranché selon l’auteur que nous avons rencontré lors d’un entretien qui a été effectué par les 4 membres du groupes.

Parmi les questions que nous avons, il est apparu qu’il serait particulièrement intéressant pour ce cas, d’élargir le corpus de travail à d’autres œuvres similaires qui parle d’échec de projets de construction dont se sont saisis des « artistes » car nous avons repéré des parallèles intéressants :

  • Le cas Ponte City (tour de Johannesburg) ; Une exposition (la première mondiale) du travail d’enquête-artistique fait sur cette tour a eu lieu à Paris en 2014, que nous avons documenté.

  • Le cas de la tour David à Caracas « emblême » de l’atmosphère urbain chaotique et infernal repris dans la série Homeland…

  • L’étude de l’objet hybride « Very Large Structure / Walking City » – par Manuel Dominguez

http://www.archdaily.com/443701/a-walking-city-for-the-21st-century/

(projet de ville en mouvement) entre recherche, fiction œuvre et projet architectural « une république indépendante qui pourrait travailler pour l’Espagne, avec ses propres lois et sa propre organisation sociale ».

Actualité

Le 19 et 20 juin le groupe organise deux journées transversales pour l’équipe complète de l’ANR.

Production

Un premier article sera présenté à 10th OSWorkshop (« Organizational Creativity, Play and Entrepreneurship"), dans lequel une étude de la problématique de l’adresse à l’absent est intégrée, et ses apports sur la comprehension des échecs de mutations organisationnelles. (contribution de Philippe Mairesse à un article co-écrit avec Philippe Lorino-ESSEC et Emmanuelle Begon – ANACT).

Article téléchargeble ici

Références (corpus)

Des références seront ajoutes ultérieurement.